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Jeudi 8 novembre 2007
lesechos.gifCe qui est en train de se passer aux Echos est grave. Voilà un journal dont l’indépendance fonde la crédibilité, un journal qui gagne de l’argent, un journal dont le lectorat augmente.
Il vient de tomber aux mains de Bernard Arnault, la première fortune de France contre l’avis de sa rédaction qui s’est mobilisée pendant quatre mois en dénonçant des risques sérieux de conflits d’intérêt.
Car, comment parler sereinement des activités des multiples filiales du groupe LVMH ? Comment traiter sereinement les résultats des groupes concurrents ? Comment rester politiquement libres alors que Bernard Arnault est un ami intime de Nicolas Sarkozy ?
Parfaitement cynique, l’Elysée a non seulement couvert l’opération mais s’en est réjoui publiquement. C’est une formidable nouvelle pour un  journal  qu’un industriel achète 240 millions d’euros, c’est un prix très très important s’est réjoui George Marc Benamou le conseiller culture et audiovisuel de Nicolas Sarkozy en reconnaissant, mais sans s’en émouvoir, que oui, il risquait d’y avoir des conflits d’intérêt rédactionnels et éditoriaux.
En même temps qu’il rachète Les Echos, Bernard Arnault vend La Tribune... La première fortune de France s’arroge le droit de restructurer à son avantage le marché de la presse économique. Et le gouvernement ne trouve rien à redire. Quand on lui demande s’il va saisir le conseil de la concurrence pour s’assurer de la transparence de toute cette opération, il élude la réponse.
Quand l’argent, le pouvoir et la presse sont à ce point mélangés, il y a danger pour la démocratie.


Signature Ségolène Royal
par Thomas publié dans : Ségolène
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Mercredi 7 novembre 2007
europe.jpgChers amis,

Le PS vient de dire oui à une nouvelle étape pour l'Europe et je pense, comme je l'ai dit récemment que nous devons avancer aux côtés de la gauche européenne pour peser sur les prochaines étapes et contruire l'europe sociale par la preuve.

On sait aujourd'hui que le référendum que j'aurais organisé si j'avais été élue n'aura pas lieu car Nicolas Sarkozy n'a pas la même conception de la démocratie que moi. Cette absence de référendum ne doit pas nous empêcher de prendre position pour avancer.

J'entends dire certains que j'ai changé d'avis sur le référendum. Ce n'est pas exact. Je tiens compte de la situation pour avancer sur des convictions qui n'ont pas changé sans me réfugier derrière une question de procédure (importante) pour ne rien oser dire.

Le monde bouge et l'Europe a besoin de la France. Pas n'importe quelle Europe bien sûr. C'est pourquoi les socialistes doivent peser. Donc être au rendez-vous.

Dans l'actualité, la reprise du journal Les Echos par LVMH est plus qu'inquiétante. Je mettrai demain une réaction sur le site désirsdavenir.

Lundi matin je prends la parole sur France Inter.

Enfin j'ai mis sur le site la troisième et dernière lettre d'Amérique latine, l'étape du Chili.

A bientôt,

Signature Ségolène Royal
par Thomas publié dans : Ségolène
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Dimanche 4 novembre 2007
melle2.jpgVous m'interrogez sur le référendum et me demandez pourquoi je ne réclame plus un référendum. Pendant la campagne présidentielle, je me suis engagée en effet à consulter les Français. Ma prise de position actuelle qui consiste à dire oui à une ratification parlementaire du mini-traité peut paraître contradictoire. Elle s'explique par le fait que ce texte étant vraiment minimum, c'est une sorte de règlement intérieur qui permet de fonctionner notamment en prévoyant des décisions à la majorité (je vous invite à vous reporter à l'interview que j'ai donnée dans Libération), cela ne mérite pas un référendum. Tous les autres socialistes européens et notamment le président de l'union, M. Socrates, y sont favorables. Il y a aujourd'hui en France de très graves problèmes de pouvoir d'achat qui diminue, d'injustice fiscale, de recul de la couverture maladie, de ralentissement de la croissance et par contraste, une telle consultation serait perçue comme décalée. Enfin ce que j'avais prévu c'est un référendum sur la réforme des institutions avec un volet sur les institutions européennes.

Certains d'entre vous s'interrogent sur une information parue dans une dépêche et reprise par France Inter notamment selon laquelle j'aurais porté plainte en diffamation contre le livre de Claude Allègre. Je ne sais pas pourquoi cette information sort bizarrement ces jours-ci alors qu'il y a d'autres sujets d'actualité plus importants et que je n'ai pas rendu publique cette action. J'ai en effet assigné les éditeurs de cet ouvrage,comme toutes les publications qui mettent ou mettront en cause ma vie de famille et mes enfants. Et comme l'expérience m'a appris que quand je demande l'euro symbolique de réparation, il y a souvent récidive, désormais je demande une amende afin que cessent une bonne fois pour toutes ces rumeurs détestables. Je pense que la nouvelle année 2008 va balayer tout cela.

Bien attentivement à vous,

Signature Ségolène Royal
par Thomas publié dans : Ségolène
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Jeudi 1 novembre 2007
bachelet.jpg"J'ai retrouvé une femme dirigeante politique, une femme chef d'Etat, forte, déterminée et enthousiaste" a déclaré Ségolène Royal à l'issue d'un petit déjeuner de plus de deux heures au palais présidentiel de la Moneda au centre de Santiago.

"Je l'ai d'abord félicitée pour le bilan de son action depuis qu'elle a été élue", a confié à la sortie du palais Ségolène Royal, en expliquant qu'elles avaient "beaucoup de points en commun", notamment "la volonté de répartir mieux les richesses nationales, la volonté de mettre en place un système social et un système éducatif performant, la volonté d'investir dans des ressources d'avenir et la volonté de répondre à tous les problèmes de sécurité".

"Il y a différentes façons d'exercer l'autorité: chacun doit pouvoir l'exercer en restant soi-même. Michelle Bachelet est une femme qui a de l'autorité, de la volonté et de l'énergie, elle sait où elle va, moi, je partage totalement cette façon de faire".

Ségolène Royal a également rencontré mardi des acteurs de la société civile et des chefs d'entreprises. Elle s'est rendue mercredi en fin de matinée à Valparaiso (120 km à l'ouest de Santiago), le grand port chilien où siège le Congrès, pour y rencontrer des membres de la commission de l'environnement.

Elle compte visiter la ville et la maison du grand poète chilien Pablo Néruda.
par Thomas publié dans : Ségolène
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Lundi 29 octobre 2007
cristinaargentine.jpgJe suis heureuse de vivre en direct et de saluer la victoire de Cristina Kirchner dès le premier tour de cette élection présidentielle qui marque, je le crois, une date historique dans ce grand pays qu’est l’Argentine, cher au coeur de beaucoup de Français.

Une femme volontaire, déterminée, y est aujourd’hui élue à la magistrature suprême. Je salue son courage car je sais combien, sous toutes les latitudes, c’est toujours plus dur pour les femmes. Elles sont, dans le monde, encore très peu nombreuses à exercer des fonctions de premier plan.

Les électeurs argentins, en accordant leur confiance à celle que tous, ici, appellent Cristina, confirment que leur pays est un des laboratoires de notre modernité.

Un pays qui a su reprendre ses affaires en main alors que les dogmes néo-libéraux lui avaient fait tant de mal.

Un pays qui a su retrouver par lui-même le chemin de la croissance, et qui saura, s’il le veut, en partager équitablement les fruits.

Un pays qui, en élisant une femme, donne au monde une belle leçon d’égalité.

Michelle au Chili, Cristina en Argentine: après l’épreuve des dictatures et la consolidation de la démocratie, voici venu le temps d’un partage plus égal des responsabilités gouvernementales entre les hommes et les femmes.

Signature Ségolène Royal
par Thomas publié dans : Ségolène
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Dimanche 28 octobre 2007
segochili.jpgAmigas, Amigos,

Je vous écris de Buenos Aires où je suis arrivée vendredi et où j’ai rencontré Cristina Kirchner, candidate favorite de l’élection présidentielle argentine. Ne soyez pas surpris par la graphie de cette petite lettre depuis l’hémisphère sud : je l’ai tapée pour partie sur un clavier espagnol qui ne comporte pas les mêmes signes et, après transfert sur un “azerty” francophone, les corrections laissent certainement à désirer ¡

Vendredi, donc, arrivée dans cette ville qui est vraiment l’une des plus belles du monde. Les valises sont restées à l’escale de Sao Paulo mais qu’importe ¡ Il faut savoir voyager léger...

J’ai rendez-vous à 17 heures avec Cristina, dans sa résidence privée. Son avance sur les autres candidats est telle que tout le monde la donne gagnante, la seule question étant de savoir si ce sera dès le premier tour ou a l’issue du second.

La campagne s’arrêtant le vendredi, Cristina a prévu de partir jusqu’à dimanche, jour du vote, en Patagonie, la région dont elle a été longtemps l’élue et dont son mari, Nestor Kirchner, a été le gouverneur avant d’être Président de la République argentine. Là-bas, dans la ville de Calafete, a 3.500 km de Buenos Aires, elle a sa maison, ses bases.

Elle a repoussé son départ pour me recevoir et j’en suis très touchée.

Nous nous étions vues en février à Paris lorsque j’étais en campagne, nous avions surtout parlé de la France, je suis heureuse de lui rendre, dans son pays, cette politesse amicale. Cette fois-ci, nous avons surtout parlé de l’Argentine dont je trouve le redressement économique spectaculaire et l’expérience politique de ces dernières années très intéressante dans un monde en pleine recomposition.

Je suis curieuse de voir de plus près comment un pays plein de potentiel mais acculé à la faillite par le dogme du “consensus de Washington” a repris ses affaires en mains en s’affranchissant de cette idéologie ultra-libérale et en redonnant à l’Etat un rôle d’impulsion et de régulation.

C’est un débat qui traverse aujourd'hui toute l'Amérique latine, majoritairement gouvernée à gauche. Des gauches différentes, bien sûr, qui sont loin d'être d’accord sur tout. Mais des gauches qui, pour beaucoup, savant bien que si le marché est un bon serviteur, il est un mauvais maître… Des gauches qui ont tiré les leçons des tentatives de passage en force des années 70 et des coups d Etat qui, sur fond de guerre froide, les ont noyées dans le sang. Des gauches qui ont montré qu’elles sont, plus que la droite, capable d’entraîner l’électorat centriste et de nouer des alliances à vocation majoritaire.

Ces questions, des pays comme l’Argentine, le Chili où je serai demain, le Brésil et bien d’autres se les posent dans ce vaste sous-continent qui est un des laboratoires de notre modernité. Elles nous intéressent directement car ce que nous vivons n’est pas simplement une époque de changements : c’est un changement d'époque. Le monde entier est à la recherche d’un modèle de développement qui conjugue croissance économique, responsabilité et même investissement environnemental, réduction des inégalités et, à l'échelle de la planète, partage plus équitable du pouvoir dans une perspective forcement multipolaire.

J’ajoute que l’Amérique latine s’illustre aussi, ces derniers temps, par l’accès au pouvoir de catégories qui en furent longtemps bannies : les femmes, les Indiens, les syndicalistes, les militants de la “génération sacrifiée” victime de la répression des dictatures militaires. Et se pose, elle aussi, la question des formes que pourrait prendre son intégration régionale et la question du rééquilibrage de sa relation avec les Etats-Unis.

Raison de plus pour aller y voir de près et retrouver Cristina à un moment privilégié où l’histoire est en train de se faire et où nous pouvons parler très librement.

Nous nous embrassons chaleureusement et nous installons côte à côte sur un divan. Je la retrouve comme dans mon souvenir : élégante et déterminée. Je la questionne sur la situation économique de son pays. Nous évoquons la croissance très dynamique de l’Argentine alors qu il y a 5 ans à peine, elle connaissait une crise économique, financière et sociale qui s’était traduite par un effondrement de plus de 11% de son produit intérieur brut, par un endettement record (111 milliards d’euros) sans capacité de remboursement, par une paupérisation massive des couches moyennes et un basculement de 50% de la population en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd’hui, la croissance tourne autour de 8%, 2,5 à 3 millions d’emplois ont été recréés, la dette de l’Etat a été restructurée par des mesures rigoureuses qui portent leurs fruits, le prêt jadis accordé par le FMI a été remboursé par anticipation en même temps que le gouvernement de Nestor Kirchner s’affranchissait de cette désastreuse tutelle. La devaluation du peso naa pas debouché sur l’adoption du dollar et, si douloureuse qu’elle ait initialement été, a fouetté l’essor de l’industrie nationale et des investissements en renchérissant le coût des importations.

Bien sûr, Cristina en est très consciente, tout n’est pas réglé. L inflation est forte, les inégalités se sont creusées même si le taux de pauvreté et le chômage ont beaucoup reculé, l’insecurité énergetique reste une faiblesse de l’économie argentine. Comme me l’explique Cristina, le rationnement de l’énergie qu il a fallu imposer aux entreprises après un hiver tres froid, “nous a coûté un point de croissance”. Elle souligne l’importance de cette “équation énergétique” pour l’avenir du pays et ironise sur ceux qui diabolisent Hugo Chavez, le president d’un Venezuela gros producteur de pétrole avec lequel l’Argentine a passé des accords de fourniture : “il faut, me dit-elle en riant, être intelligents ¡” plutôt que dogmatiques, coopérer n’est pas s’aligner et, clin d’oeil aux Européens qui courtisent la Russie, “sur le plan énergetique, Chávez n’est pas pire que Poutine ¡”. Elle souhaite aussi approfondir la cooperation avec le Brésil, premier partenaire énergtique de l’Argentine, et faire valoir aux investisseurs brésiliens que le taux de change leur est favorable.

Quand je l’interroge sur l’inflation, elle reconnait que c’est un vrai problème mais, ajoute-t-elle, “il ne faut pas confondre une inflation sans croissance et une inflation avec croissance, ce n’est pas la même chose”, point de vue certes hétérodoxe pour les adeptes des monnaies fortes a tout prix, y compris au détriment de la croissance et de l’emploi, mais choix politique assumé, même si le gouvernement argentin a gelé les tarifs publics et imposé un contrôle des prix dans la grande distribution. L'évaluation du niveau d’inflation est aujourd'hui vivement débattue en Argentine où certains accusent les statistiques officielles de la sous-estimer. Pour Cristina, le chiffre de 11% d inflation correspond à la réalité. Elle souligne que le chiffre du FMI n’est supérieur que d’un point (12%) et que, “si l’inflation atteignait 20% ou 25%, comme certains l’ont dit pendant la campagne électorale, les gens seraient déjà descendus dans la rue ¡”.

Elle m’explique aussi comment elle souhaite promouvoir, par une négociation tripartite entre l’Etat, les entreprises et les représentants des salaries, ce qu’elle appelle “un nouveau modèle d’accumulation” qui englobe, au delà des salaires et des prix, toutes les dimensions d’une croissance plus équitablement partagée. J y vois des points communs avec ce que, durant ma campagne, j’ai appelé “un nouveau modèle de croissance”.

Visiblement, Cristina n’accepte pas que les grands bailleurs de fonds internationaux ramènent l’Argentine à une situation dont elle s’est arrachée. Elle me dit qu’il n’est pas question, pour elle, d’accepter les conditions mises par le Club de Paris à la renégociation de la dette argentine : l’avis du FMI, c’est à dire le retour sous la tutelle dont l’Argentine n’a eu de cesse de s’affranchir ¡ Ce n’est, me dit-elle, pas admissible économiquement et pas admissible politiquement. L’Argentine a fait de gros efforts de désendettement pour assainir sa situation et récupérer la maitrise de son destin, pas question que le Club de Paris la tire en arrière. Cristina me dit qu elle n’a pas l’intention de se laisser faire, qu’elle est allée discuter avec les Allemand et les Japonais, principaux créanciers de son pays. Elle me dit en riant espérer que Dominique Strauss-Kahn, désormais à la tête du FMI, aura à cœur d’en changer les mœurs et les pratiques impérieuses et ravageuses, son pays en sait quelque chose, pour ceux qui se conforment à ses diktats. Je lui dis que, compte tenu de la personnalité et de l’expérience de DSK, cet espoir me parait fondé.

Nous évoquons également ce préjugé tenace, sous toutes les latitudes, qui veut qu’en matière économique, les femmes politiques soient toujours soupçonnées de moins s y connaitre que leurs homologues masculins. Je lui raconte que c’est arrivé à Angela Merkel jusqu’à ce que les milieux économiques s’aperçoivent qu’elle était fort compétente. Cristina me dit avoir multiplié les contacts avec les chefs d entreprise parce qu’elle sentait bien qu’ils s’inquiétaient de savoir quelle était, sur ces sujets, sa vision des choses. Elle entend poursuivre la bataille pour le redressement économique de l’Argentine que Nestor Kirchner a engagée avec détermination et succès. “Nous avons, me dit-elle, parfaitement intégré les règles macro-économiques de base, cela va de soi. Mais qu’on ne vienne pas me raconter que l’économie est une science exacte, c’est une science sociale et humaine ¡”. Nous nous accordons sur cette idée qu’il n’y a pas de loi d’airain qui priverait la politique de toute marge de manœuvre.

Nous évoquons aussi les perspectives de la croissance mondiale, les déséquilibres de l’économie américaine, les errements du système financier globalisé dont la récente crise des “subprimes” a montré les dangers. Cristina estime que le système a atteint un tel degré de sophistication qu’il échappe a tout contrôle. Les fonds d’investissement, parce qu’ils se soustraient à toute régulation, deviennent un facteur d’instabilité économique, sociale et même politique. Or que se passe-t-il quand une crise se propage ¿ C est l’Etat qui doit limiter les dégâts comme l’a fait, me dit Cristina, le gouvernement anglais en volant au secours d’une de ses grandes banques en perdition. Nous sommes l’une et l’autre bien d’accord que la crise financière de l’été est un avertissement. Il y a urgence à bâtir des mécanismes de régulation. Pour elle comme pour moi, c’est clair : la mondialisation, loin de disqualifier les Etats, appelle de nouvelles formes d’intervention de la puissance publique pour en saisir toutes les opportunités et, en même temps, se protéger des risques d’une financiarisation aveugle et livrée a elle-même.

Au fil de la conversation, nous abordons aussi les questions agricoles, très importantes pour l’Argentine dont les exportations alimentaires (soja, riz, maïs, vin, viande) tirent la croissance, sur fond d’explosion des cours mondiaux et de besoins croissants des marchés émergents de Chine et d’Inde. Cristina a l’habitude de souligner que ces marchés sont une chance pour son pays car il est impossible de ne compter que sur l’Occident “qui exige que nous payons nos dettes mais bloque nos importations en subventionnant sa propre agriculture”.

C’est une question que je me suis souvent posée, je la pose à Cristina : qu’as-tu appris de ton pays au fil de cette campagne ¿ “Je l’ai, me dit-elle, vraiment sillonné dans tous les sens et j’ai découvert en lui, malgré toutes les difficultés qu’il a affrontées et affronte encore, une réserve d’optimisme et une formidable capacité de changement. Un changement qui prend appui sur les résultats de ces quatre dernières années et qui nous pousse à inventer un autre modèle que celui qui a dévasté nos régions et ruiné notre compétitivité. Quand je suis allée, par exemple, dans la région viticole de Mendoza, j’ai été frappée par la rapidité de sa métamorphose : une zone jadis sinistrée par un taux de change peu favorable pour nos exportations et qui est aujourd’hui entièrement reverdie, couverte de vignes qui produisent et exportent un excellent vin”. Pour elle, c’est un exemple parmi d’autres du dynamisme des Argentins et de leur capacité à remonter la pente dès lors que l’Etat lève les obstacles à la croissance.

Nous parlons aussi des questions relatives à la sécurité, qui deviennent, là-bas comme ici, une préoccupation plus forte. Cristina me dit que l’Argentine, comme le Chili et l’Uruguay, jouissent d’un niveau de sécurité appréciable par rapport à des pays comme le Brésil ou le Mexique. Cependant, la société argentine éprouve un sentiment d’insécurité qu’il faut prendre au sérieux et qui a à voir avec l’extrême insécurité sociale des années de crise et avec le trafic de drogue, en particulier d’un sous-produit particulièrement meurtrier de la cocaïne. Je me retrouve dans sa manière d’aborder ces sujets. Sa conviction est qu’on ne peut isoler le traitement de la sécurité du règlement des autres problèmes qui inquiètent les Argentins : “il n y aura pas de sécurité, me dit-elle avec conviction, sans résoudre les problèmes d’emploi, d’éducation, de santé, de justice, de corruption”. Comme moi, elle pense que tout se tient.

Nous parlons de nos expériences respectives de campagne et je lui demande son pronostic. Prudente, elle me répond : “j’ai mené beaucoup de campagnes électorales et je sais qu’on n a jamais gagné une élection avant six heures du soir ¡ Il faut d'abord compter et recompter tous les bulletins de vote avec humilité…”.

Nous plaisantons des remarques machistes que nous avons, l’une et l’autre, essuyées en campagne. Nous nous souvenons d’Angela Merkel et de Michelle Bachelet qui, elles non plus, n'avaient pas été épargnées. Cristina me dit que tout cela l’atteint peu, qu’elle a déjà une longue expérience politique, qu’elle a été élue députée et sénatrice bien avant que son mari soit Président de la République. Elle me dit qu'elle a décidé une fois pour toutes d'être elle-même : une femme politique à part entière, qui assume et sa féminité et sa combativité. Nous tombons d’accord sur le fait que, face à ces combats d’arrière-garde, mieux vaut ne pas s’abaisser à répondre aux attaques.

Je ne peux pas tout vous raconter ici par le menu car, en une heure d’entretien, nous avons parlé de bien des choses : des droits des femmes, en particulier de l’accès à la contraception, du fait que l’Argentine n’est pas un Etat laique au sens où, en France, nous l’entendons, des droits de l’homme et de tout le travail mémoire et de justice accompli sur les années de dictature. De choses plus personnelles aussi, comme la façon dont nos enfants ont vécu nos campagnes. Cela m’a amusée car ce que son fils a demandé une fois à Cristina – “est ce qu’un jour on sera enfin seuls ¿2 -, un de mes fils ou une de mes filles aurait pu me le dire dans les mêmes termes¡

Cristina m’a aussi interrogée sur la France et sur les perspectives de la gauche. Nous avons plaisanté sur l’étrange fascination que semble exercer M. Bush sur un certain type d’hommes politiques européens : Aznar, Berlusconi, auxquels cela n a pas porté bonheur. Un autre aussi, peut-être, plus près de nous... J’ai été frappée de ce qu’elle m’a dit sur la violence du rejet dont les Etats-Unis font aujourd’hui l’objet dans toute l’Amérique latine. Un rejet, selon elle, plus fort encore que celui des années 60 ou 70. C’est le triste résultat de l’administration républicaine, alors même que Bill Clinton avait réussi à redresser l’image de son pays.

C’était un échange franc, amical. Je l’ai remerciée d’avoir, dans la dernière ligne droite de sa campagne, pris le temps de cette conversation. Nous nous sommes embrassées et souhaité bonne chance.

J’ai repensé, en la quittant, à cette phrase de Borgès, immense écrivain argentin, dont j’avais emporté un livre et qui exprime “la conviction que le combat peut être une fête”. Cela me va.

J’ai eu, depuis, d’autres passionnantes rencontres que je vous raconterai, notamment avec la Centrale des Travailleurs Argentins, une organisation syndicale indépendante, pluraliste, combative, dont j’ai rencontré la direction nationale, aguerrie dans les années de lutte contre la dictature. Leur démarche d’affiliation individuelle des travailleurs précaires et de ceux de l’économie informelle, très développée en Argentine, m’a paru extrêmement intéressante mais je vous raconterai tout ça un eu plus tard car là, j’ai rendez-vous avec les Mères de la Place de Mai.

¡ Hasta luego !


Signature Ségolène Royal
par Thomas publié dans : Ségolène
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Jeudi 25 octobre 2007
segolene-explique.jpgSégolène Royal observe que plusieurs annonces de décisions faites à l'issue du Grenelle de l'environnement sont la reprise de propositions – contestées à l'époque – qu'elle avait faites pendant la campagne présidentielle : gel des OGM, du nombre de centrales nucléaires, plan d'économies d'énergie dans les bâtiments, … Et elle ne peut donc que s'en féliciter.
De même, elle note avec satisfaction que le processus mené par Jean-Louis Borloo pour aboutir aux annonces faites, est ni plus ni moins une démarche participative.
Si des avancées positives sont à noter, deux points méritent des regrets quant aux options choisies : sur les pesticides, l'engagement pris de réduction est à la fois flou, lointain et insuffisamment contraignant. Quant à la taxe sur les énergies fossiles, elle constitue un danger pour le pouvoir d'achat des Français. Il aurait mieux valu accorder des avantages fiscaux aux produits écologiquement propres.
Ségolène Royal attend désormais, comme les Français et les participants au Grenelle de l'environnement, que les annonces faites aujourd'hui se traduisent par des actes. C'est sur les actes que devra être jugé, au final, ce Grenelle.
par Thomas publié dans : Opposition
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Jeudi 25 octobre 2007
segolenegrosplan.jpgChers amis, chères amies,

Plus que jamais j'ai besoin de vous, de votre energie, de votre capacité de débat et d'expertise citoyenne. Désirs d'avenir est un lieu précieux, votre fidélité sans faille également.

J'ai abordé récemment des sujets de fond, pris la parole dans plusieurs occasions, et ces interventions ont été mises sur le site désirs d'avenir. Mais beaucoup d'entre vous ont demandé à les recevoir aussi par mail.

Je vous adresse donc les quatre dernières ci jointes. Je serais heureuse que vous veniez débattre des sujets qui y sont abordés sur le site participatif de désirs d'avenir. Ou sur les autres thèmes ouverts sur le site.

Je compte sur vous pour venir apporter vos observations, vos idées, vos réflexions, votre amicale présence.

Notre association s'élargit et se relance. Le président Christophe Chantepy, devient président d'honneur et apporte son savoir-faire et ses compétences qui ont permis d'organiser ce vaste réseau de personnes ressources sur tous les sujets. Jean-Pierre Mignard devient président et je l'en remercie très chaleureusement, sachant le don de temps que cela suppose. Dominique Bertinotti, historienne, anime les contacts avec les chercheurs.

Mais la force de l'association et notre capacité à réfléchir et à travailler, c'est vous, les adhérents, qui vous êtes déjà tellement mobilisés. Nous entrons dans une nouvelle phase. Et pour cela je compte vraiment sur vous.

En Amitié fidèle.


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par Thomas publié dans : Ségolène
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Mardi 23 octobre 2007
martini.jpg"Associer l'ensemble des citoyens à la prise de décision publique au travers de nouvelles formes de délibération collective, pour revivifier la participation politique et lutter contre les populismes". C'est en ces termes que Ségolène Royal et Claudio Martini, Président de la Région Toscane, ont réaffirmé leur volonté commune de promouvoir la démocratie participative, lors d'une conférence de presse à Florence le 17 octobre 2007.

Ils confirment ainsi la coopération de leurs Régions, associées à la Catalogne autour d'un projet de Fondation Européenne pour la Démocratie Participative.

Carrefour des expériences innovantes et des savoirs au service de la démocratie participative, ce réseau s'incarnera sur la toile dès le 19 novembre prochain, avec le lancement du portail multilingue www.demo-part.org.

Le projet de Fondation Européenne de la Démocratie Participative est né d’une proposition de Ségolène Royal en juin 2005 à Poitiers lors du colloque Europe-Amérique latine sur la démocratie participative. Il s’ancre dans la coopération « naturelle » de trois Régions européennes leaders en la matière : Toscane, Catalogne et Poitou-Charentes.

Prenant appui sur le double constat de l’émergence réelle d’une démocratie participative et d’un intérêt scientifique fort pour cette question, les trois régions, réunies depuis 2006 au sein du Réseau européen pour la démocratie participative (préfiguration de la Fondation), « souhaitent contribuer à la rencontre et à l’échange entre les différents acteurs de ce mouvement », comme l’ont expliqué à Florence mercredi dernier Ségolène Royal et Claudio Martini, président de la Région Toscane.

Afin de donner une dimension véritablement internationale et ouverte à tous à son activité, le Réseau européen pour la démocratie participative a choisi de s’appuyer sur un site Internet fondé sur les technologies participatives les plus innovantes. Rendez-vous en novembre pour le lancement de ce site.

PRESENTATION DU SITE INTERNET WWW.DEMO-PART.ORG

Afin de donner une dimension véritablement internationale et ouverte à tous à son activité, le Réseau européen pour la démocratie participative a choisi de s’appuyer sur un outil performant fondé sur les technologies les plus innovantes en matière d’Internet participatif.

Plateforme publique d’information et de débat, www.demo-part.org sera lancé le 19 novembre 2007. Il vivra des contributions de chercheurs, de citoyens, de membres de collectivités et d’organismes intéressés par les nouvelles formes de partage du pouvoir qui se jouent au travers des expériences de démocratie participative. Son ambition est de constituer un espace de diffusion des expériences de démocratie participative et des analyses qu’elles suscitent, de convergence des initiatives et d’impulsion de nouvelles coopérations dans le domaine de la participation aux décisions publiques.
 
> Voir le dossier de presse


demopart.jpg
par Thomas publié dans : Ségolène
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Lundi 22 octobre 2007
liberation-copie-1.jpgDans une interview à «Libération», l’ex-candidate se dit déterminéeà mener la bataille de la rénovation du PS et à prendre la tête de l’opposition.

Libération: Où en êtes-vous de votre réflexion? Serez-vous candidate au premier secrétariat?


Ségolène Royal: Je n'ai pas pris ma décision. Cela viendra le moment venu. A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti. J'observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes.

Cette indécision n'a-t-elle pas désorienté vos proches?

C'est vrai que c'est un peu déstabilisant pour mon entourage, qui se demande pourquoi je ne repars pas sabre au clair. Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d'étapes. Et qu'il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai: «On y va», nous irons vraiment.

Combien de temps durera votre réflexion?

Rassurez-vous, je ne suis pas en hibernation. Je travaille avec d'autres, j'accepte les invitations à l'international et je me bats pour ma région. C'est essentiel. Et je mettrai ce travail au service du collectif.

Comment allez-vous désormais participer à la vie du parti?

J'ai rassemblé 17 millions de voix, après avoir été désignée par 60% des adhérents du parti. J'ai des responsabilités à l'égard de tous et toutes. Je ne peux donc pas me laisser attirer dans je ne sais quel piège de tactique interne. Rassembler, expliquer, fédérer, voilà le seul rôle que je me donne. Et mettre au service de la gauche et des Français le potentiel de l'élection présidentielle.

La rentrée politique a été marquée par une profusion de livres très sévères à votre égard. Vous ont-ils affecté?

Oui. Ça laisse toujours des traces, on est toujours touché. D'ailleurs, c'est bien l'objectif. Mais c'est passé. L'important est que les gens se disent et me disent que je me suis bien battue.

Irez-vous au conseil national de samedi?

Je serai probablement en Argentine pour l'élection de Cristina Kirchner, puis au Chili. Sinon, j'y serais allée.

Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L'exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?

Tous les dirigeants italiens ont accepté l'émergence parmi eux d'un leader, avec trois millions et demi d'électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n'est pas facile, car nous héritons d'un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L'exemple italien doit nous faire réfléchir.

Comment faire évoluer le PS?

Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l'organisation ne doit pas être l'organisation elle-même.

Cela ne semble pas être la tendance actuelle au sein du PS…

Il existe toujours dans le parti cette ligne élitiste sur la crainte d'une transformation en «parti de supporters». Mais qu'est-ce que ça veut dire? Cette conception condescendante me choque. Pourquoi considérer les gens comme des écervelés, qui choisissent à la tête du client? Peut-être qu'ils adhèrent aussi à des idées…

La fusion à l'italienne entre socialistes et centristes vous inspire-t-elle?

Ce qui se passe en Italie montre bien que des recompositions sont nécessaires. L'alliance, contre la droite, entre un parti issu du parti communiste et un parti du centre, d'inspiration chrétienne, est très intéressante. Il y aura forcément, en France aussi, des recompositions entre centre et PS. Et ce ne sera pas en laissant de côté les militants venus de l'extrême gauche ou du PC.

Avez-vous poursuivi vos contacts avec François Bayrou?

Non. Je ne suis pas encore dans cette phase. Je la poursuivrai quand j'aurai achevé la précédente, celle de la réflexion et de la reconstruction. Mais nous sommes à un tournant. L'électorat a évolué, avec de nouvelles générations qui n'ont pas connu l'histoire du PS et du PC, et qui ont d'autres comportements électoraux. Et parmi les centristes, il y a des démocrates qui peuvent se reconnaître dans un projet politique qui ne sacrifierait pas pour autant l'identité de la gauche. On m'a critiquée pour ma démarche d'entre les deux tours, mais soyons réalistes: dans de nombreuses villes, aux municipales, cette convergence devra s'opérer.

Est-il réaliste d'envisager un tel rapprochement en France?

On doit se poser la question d'un rassemblement du camp de la gauche et de tous ceux qui ont une conception exigeante de la démocratie, destiné à passer la barre des 30% au premier tour d'une élection nationale et qui aurait vocation à être leader au niveau de la gauche européenne – laquelle, reconnaissons-le, tangue un peu. Depuis Tony Blair, même si certains aspects de son leadership étaient discutables, la gauche n'a plus de leader capable d'entraîner les mouvements progressistes en Europe.

Quelle est votre position sur le mini-traité?

A partir du moment où le peuple a refusé le précédent, il serait logique de le consulter à nouveau. Mais je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l'Europe en marche. J'aurais préféré un texte avec moins de dérogations. Mais mieux vaut un compromis que rien. L'intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C'est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l'étape suivante : la préparation du traité social. La question de la procédure d'adoption, référendaire ou parlementaire, n'est plus une question de principe. Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser.

Pourquoi vous êtes-vous montrée si discrète, ces derniers temps, sur la politique gouvernementale?

Ce n'est pas exact. Mais je n'ai pas l'intention de commenter le moindre fait et geste du Président. Il faudrait pour cela passer toute la journée devant la télévision, ou presque ! A ce propos, le CSA, qui refuse de comptabiliser le temps de parole de Nicolas Sarkozy, manifeste une piètre conception de la démocratie. Mais rassurez-vous, l'opposition est bien là.

Comment définissez-vous aujourd'hui votre rôle d'opposante?

Je dois utiliser ma voix avec circonspection, quand je la sens utile au débat démocratique. Mais cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos.

Quel regard portez-vous sur la pratique sarkozyste du pouvoir?

Ce qui me frappe, c'est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder. Le pouvoir actuel est très proche des puissances d'argent, du Medef. On ne parle ni d'éducation, ni d'innovation, ni de PME, ni de modernisation économique. Sur les mesures fiscales, on a un pays endetté qui se prive de marges de manœuvres au profit des plus privilégiés, suivant en cela les réflexes les plus éculés de la droite traditionaliste et rentière.

Que dit selon vous le mouvement social de la semaine dernière?

Nicolas Sarkozy, pendant la campagne, avait expliqué que tout était prêt… Or, on est dans l'improvisation totale. On aurait pu penser qu'on allait échapper à l'affrontement social, à la grève des transports. Mais à l'arrivée, on a un pouvoir qui ressemble piteusement à tout ce qu'il y a de plus archaïque. Les oppositions sociales se cristallisent, même si elles sont partiellement occultées par une opération d'ouverture médiatiquement réussie. Mais conduire un pays moderne à la grève est la marque d'un pays mal gouverné.

Quel regard portez-vous sur le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy?

Les grands événements de ces derniers jours, c'est malheureusement la journée de la misère et les mouvements d'inquiétude justifiée sur le front social.
par Thomas publié dans : Ségolène
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