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Mardi 4 décembre 2007
par Thomas publié dans : Ségolène
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Mardi 4 décembre 2007

Benoît Thieulin a été le responsable de la campagne Internet de Ségolène Royal lors des élections présidentielles. Aujourd'hui à la tête de l'Agence Internet La Netscouade, il participe à la fondation d'un nouveau média en ligne indépendant: MediaPart.fr



De Ohmynews! à MediaPart

02/12/2007 Par Benoît Thieulin

Que peuvent bien avoir en commun ebay et Désirs d'avenir ? Amazon.com et World of Warcraft ? Linux et Lepost.fr ? Wikipedia et Loïc Le Meur ? Obama.com, Slashdot et Agoravox ? Et peut-être, avec plus d'évidence et d'impertinence aussi, Ohmynews, Ségolène Royal et le projet MediaPart ? La question peut paraître saugrenue, tant ces sites, personnes et phénomènes appartiennent à des domaines très différents : le commerce, les loisirs, le journalisme, la politique, l'actualité, l'informatique, le savoir, l'enseignement, etc. Mais c'est le propre d'Internet d'avoir, en conjuguant la mise en réseau des informations et l'interconnexion des individus, dessiné les contours d'un nouvel espace social où se transfèrent progressivement des pans entiers de nos activités. Et ce transfert, loin de se limiter à numériser ces pratiques, les bouleverse profondément en en modifiant l'échelle et en ouvrant à l'infini les possibilités de rencontre, d'interconnections, de mix...

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par Thomas
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Dimanche 2 décembre 2007
livresr.jpgCe que j’ai à vous dire

Je dois cette réflexion à toutes celles et à tous ceux qui m’ont fait confiance, dont j’ai porté les espoirs et qui ont souffert de la défaite. Mais aussi à tous les autres qui ont glissé dans l’urne un autre bulletin que le mien . C’est aussi une façon de se tourner résolument vers l’avenir avec une détermination retrouvée. Sans nostalgie mais sans oubli.

Cette histoire que nous avons vécue ensemble ne m’appartient pas. Elle est inscrite désormais dans l’histoire de notre pays, elle appartient à tous les Français qui l’ont écrite, c’est-à-dire non seulement aux dix-sept millions d’électeurs qui ont espéré ma victoire mais aussi à tous les autres qui ont participé à ce formidable instant démocratique. J’en veux pour preuve l’exceptionnelle participation électorale dans un contexte de doute profond à l’égard de la politique.

Je crois qu’il était nécessaire – et cela m’a été demandé, d’ailleurs, de toutes parts – de tirer des leçons pour l’avenir, de transmettre ce que j’ai compris du pays pendant cette période.

Je crois que livrer cette réflexion peut servir à ceux qui gouvernent comme à ceux qui s’opposent – à ceux qui ont des certitudes comme à ceux qui n’en ont pas.

Il y a eu au cours de cette campagne une mobilisation inouïe des Français, des débats intenses dans tout le pays, y compris sur les l ieux de travail, devan t les distributeurs à café, au coeur des familles toutes générations confondues, dans les cours de récréation, etc. Finalement, une forme de réhabilitation du débat public. Des milliers d’interrogations ont été posées, des questions simples et d’autres complexes, et même des sujets qui cherchent aujourd’hui encore leur réponse : la juste répartition des richesses, les effets de la mondialisation, la valeur du travail, la nation, le vivre ensemble, l’avenir de la France, et bien d’autres. L’exercice auquel je me livre aujourd’hui répond, bien sûr, à une démarche personnelle puisque je donnerai mon éclairage, mon point de vue. Il n’a pas vocation à être totalement exhaustif mais c’est un témoignage fait de franchise, d’honnêteté, de probité. Mais je le conçois, aussi, comme une contribution à la construction des victoires f utures de la gauche au service de la réussite du pays. On me dira que je suis juge et partie ? Non, car ce n’est pas moi qui rends le verdict.


Signature Ségolène Royal


Tables des matières

I - Ce que j'ai à vous dire

- Pourquoi ce récit ?
- Je ne suis ni Jeanne d'Arc ni la Vierge Marie
- Peuple de France
- Résilience

II - Le parcours de la combattante

- Scène de campagne : Michel Rocard, visiteur de l'après-midi
- Une femme debout (« Roun fanm dibout », comme on m'a dit outre-mer)
- L'amertume des éléphants
- La montée en puissance
- Thomas et la ségosphère
- Second tour : La défaite
- Les difficultés avec la presse
- Histoire véridique des bourdes qui n'en étaient pas
- Jurys citoyens : je persiste et je signe
- Nucléaire iranien : l'incompétence des compétents
- Liban : l'intox monte d'un cran
- Bravitude et chinoiseries
- Lauriers à la Justice chinoise ? L'infâme contrevérité
- Guadeloupe : elle veut casser la République
- Le débat interne : fausse bonne idée et vraie répétition générale
- La paille et la poutre
- Sur la politique étrangère : deux poids, deux mesures
- La cohérence des valeurs
- Galerie de portraits
- Scène de campagne : les embarras de François Bayrou
- Les Gracques 40

III - La machine de l'adversaire : l'argent, les médias et les sondages

- Premières alertes
- La technique du vacarme
- « Fleur de bouse »
- Avec cette élection, un seuil a été franchi
- Trappage à La Tribune
- Censure à Métrobus
- Quimperlé : cachez ce fonds que je ne saurais voir
- Elle perd ses nerfs
- C'est pas moi, c'est les juges !
- L'avènement du « clefs en main »
- Amis et patrons de presse : le verrouillage médiatique
- Présomption d'uniformité
- Un net penchant pour l'immixtion
- Des livres qui dérangent
- Sondage, mon beau sondage
- Sondages encore : ni addiction, ni diabolisation
- Sondages, fin : le poids des écarts
- Pas hors jeu : dans le jeu !
- Quand les réponses sont dans les questions
- Un vrai travail de pro
- On n'est jamais si bien servi que par les siens

IV - L'autre moitié du ciel : candidate mais femme

- Être une femme candidate, c'est pas si facile
- L'intruse
- Du genre en politique
- Je ne suis pas macho : ma femme est féministe !
- Talons aiguilles
- Big Mother et les dames sécateurs
- Par le coeur et la raison, civiliser l'avenir
- Rien ne sera plus comme avant
- D'un plafond de verre, l’autre
- Une République inachevée
- Caissières en sursis
- Précarité : les femmes d’abord
- Travailler plus pour gagner moins
- Déverrouiller, c’est possible
- Osons la mixité dans nos têtes !
- Le cumul des mandats contre la parité
- Un combat émancipateur de tous
- Le vote des femmes en 2007
- Ma femme me harcèle pour que je te soutienne !
- La proximité
- Effet de genre ou effet de génération ?
- Les comportements électoraux se rapprochent
- Parité pour les unes, transgression pour les autres
- Des électorats féminins contrastés
- Pas de survote féminin
- Elles ont poussé les premières portes
- Qui doit changer : le pouvoir ou les femmes ?

V - Dernières réponses pour tourner la page et regarder l'horizon

- Chapeau les hommes !
- Elle l'a fait quand même ?
- Le procès en illégitimité ?
- Dompteuse d'éléphants ?
- Garde-moi de mes ennemis, je me charge de mes amis
- Sur un air d'improvisation
- Tout a commencé sur une phrase
- Mes combats de toujours
- La prochaine fois
- La démocratie participative ?
- Une étrange défaite

Sorti autour du 3 décembre, editeur : Grasset

par Thomas publié dans : Ségolène
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Jeudi 29 novembre 2007
segofrance.jpgAujourd’hui en France des policiers ont été victimes de tirs à balles réelles. Il s’agit là d’une escalade intolérable de la violence sur le territoire national. L’Etat doit garantir partout en France la sécurité l’ordre et la justice. Une école et une bibliothèque ont également été victimes d’un incendie. Je voudrais dire à ceux qui s’en prennent aux services publics en général : la police, l’école et la culture, qu’ils se font du tort à eux même et que ces actes de violence sont insupportables. Ces faits se sont déroulés non loin du lieu où il y a deux ans ont éclaté les émeutes. Que s’est il passé pendant ces deux années ? Pas grand-chose, il faut bien le dire et les maires des villes concernées l’ont rappelé tout à l’heure. Alors il est temps de passer des discours aux actes, même si, je le répète, les actes de violence d’une extrême gravité sont inexcusables. Il faut stopper cette escalade de la violence car nous devons tous refuser, citoyens de France, que nos quartiers, ressemblent aux quartiers des Usa où les tirs à balles réelles sont fréquents. C’est dire l’enjeu dramatique qui aujourd’hui doit nous rassembler. J’appelle donc à une mobilisation nationale, toutes tendances politiques confondues pour que la question de nos quartiers, et de l’avenir des jeunes dans nos quartiers pour qu’ils aient l’espoir de trouver du travail, devienne une grande cause nationale. L’actualité en fait aujourd’hui un enjeu crucial. Il est temps de passer aux actes.

Signature Ségolène Royal
par Thomas publié dans : Ségolène
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Mardi 27 novembre 2007
segolene-ps-bella.jpgSégolène Royal a appelé mardi à une "mobilisation nationale toutes tendances politiques confondues" pour "passer des discours aux actes" sur les banlieues après les émeutes à Villiers-le-Bel (Val d'Oise).

"Il faut stopper cette escalade de la violence. Nous devons tous refuser, citoyens de France, que nos quartiers ressemblent aux quartiers des Etats-Unis où les tirs à balles réelles sont fréquents".

Ségolène Royal a appelé au rassemblement face à cet "enjeu dramatique". "J'appelle donc à une mobilisation nationale toutes tendances politiques confondues pour que la question de nos quartiers, de l'avenir des jeunes devienne une grande cause nationale. L'actualité en fait aujourd'hui un enjeu exceptionnellement dramatique et il est temps de passer aux actes".

Ségolène Royal a déploré que "pas grand-chose" n'ait été fait depuis deux ans pour les banlieues." Elle a condamné "l'escalade intolérable de la violence" depuis dimanche dans le Val d'Oise, demandant à l'Etat de "garantir partout en France la sécurité, l'ordre et la justice". Les jeunes qui s'en prennent aux bâtiments publics "se font du tort à eux-mêmes".
par Thomas publié dans : Ségolène
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Jeudi 22 novembre 2007
livresr.jpgPrésentation de l'éditeur
Des rires et des larmes. Avec humour et émotion, Ségolène Royal dit tout sur les épreuves et les bonheurs de la campagne présidentielle. Avec le courage et la force qu'on lui connaît, elle en tire les leçons pour continuer, aujourd'hui, et demain, à écrire avec vous l'histoire de France.

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : GRASSET (3 décembre 2007)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246736110
  • ISBN-13: 978-2246736110





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par Thomas publié dans : Ségolène
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Mercredi 21 novembre 2007
segolene12decembre.jpgSégolène Royal a réclamé mardi la convocation "d'un Grenelle du pouvoir d'achat, des salaires et des retraites" pour résoudre les conflits sociaux, critiquant la politique de "désordre injuste" de l'exécutif.

"On ne réforme pas la France dans la brutalité et l'arrogance (...) en dressant les Français les uns contre les autres", a affirmé devant la presse l'ex-candidate socialiste à la présidentielle depuis ses nouveaux locaux du 95 boulevard Raspail à Paris.

"Nicolas Sarkozy doit nous dire comment il compte réformer la France en entraînant tout le monde", ce qui implique de "donner une explication claire d'une répartition juste des efforts à accomplir et des progrès à distribuer et à répartir".

Elle a demandé au gouvernement de "remettre dès maintenant l'ensemble des partenaires autour de la table, autour d'un Grenelle du pouvoir d'achat, des salaires et des retraites, parce que tout se tient", précisant que "dans ce Grenelle, il (fallait) intégrer les questions de santé et de logement".

Selon la présidente du Poitou-Charentes, "il y a une sorte de désordre, d'incertitude, de sentiment que les efforts sont inégalement demandés. En six mois, le pouvoir a donné beaucoup aux gros, et s'en est pris aux petits et aux moyens, et c'est pour ça que les réformes ont du mal à passer".

"Finalement, nous avons un désordre injuste dont souffrent les Français.

Donc, il faut rétablir de l'ordre juste", a ajouté Mme Royal, pour qui "il y a parfois des réformes qui vont dans le bon sens mais qui, à cause d'une méthode détestable, sont vouées à l'échec".

Elle a jugé qu'il fallait "réformer le système pour garantir aux Français le maintien du niveau des retraites et remonter les petites retraites".

La réforme des Universités

Ségolène Royal a demandé de "ne pas gâcher cette bonne réforme" qu'est l'autonomie des universités.

"Je dis au gouvernement qu'il ne faut pas gâcher cette bonne réforme, c'est-à-dire qu'il faut l'accompagner des moyens nécessaires pour que les inégalités ne se creusent pas entre les universités.

J'ai toujours dit que pour lutter contre l'échec universitaire (40 % des jeunes sans diplôme à la fin de la deuxième année d'université !) il fallait plus d'autonomie et plus de moyens aux universités pour accompagner plus efficacement les étudiants.
En revanche, la réforme telle qu'elle est conduite, comme je l'ai précisé, pose de graves problèmes :
- l'autonomie sans moyen va creuser les inégalités entre université et les jeunes en ont parfaitement conscience
- le problème de l'échec universitaire n'est pas du tout réglé par la réforme
- il y a un grave malaise social chez les jeunes étudiants, dont un sur trois souffre de précarité et même de pauvreté.
 
Le pacte présidentiel que j'ai défendu prévoyait :
1/ une loi de programmation pour donner à l'université et à la recherche les moyens de l'excellence
2/ la création d'une allocation-autonomie pour les jeunes afin de leur permettre de faire leurs études dans de bonnes conditions."

par Thomas publié dans : Ségolène
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Lundi 12 novembre 2007

Sur Nicolas Sarkozy et le climat social

«Il nous avait promis un choc de croissance, aujourd'hui nous avons un choc de défiance. Nicolas Sarkozy a dégradé le climat social. Un piège est tendu aux organisations syndicales et aux salariés: il va prendre les Français à témoin en disant “vous voyez je vais aller jusqu'au bout, je vais faire la confrontation dans l'intérêt du pays». C'est lui qui a dégradé le climat social parce que les premières décisions qu'il a prises sont celles qui ont avantagé les hauts revenus.»
«Il y a arrogance, il y a archaïsme et il y a volonté de ne pas régler les problèmes au fond».

Sur la réforme des retraites
«Bien sûr qu'il faut réformer le système de retraites globalement, mais ce qu'il ne faut pas faire et ce que fait malheureusement ce gouvernement, c'est faire de la provocation ou aller à l'affrontement pour l'affrontement.»

Sur l'automonie des Universités
Ségolène Royal soutient «une réforme qui permet aux universités d'avoir davantage d'autonomie», mais, il faut que «le gouvernement dise clairement» que la réforme des universités «sera accompagnée par une augmentation des moyens».
«Lorsque vous donnez de l'autonomie sans donner de moyens, vous mettez en place la loi du plus fort», c'est-à-dire que «les universités les plus prestigieuses vont devenir encore plus prestigieuses et les universités les plus défavorisées vont avoir des difficultés supplémentaires.» Elle estime également que «les étudiants ont raison de protester pour que la réforme soit réajustée» mais «il ne faut pas de jusqu'au boutisme, il faut de la discussion, y compris de la part des étudiants».

Sur le PS
Elle souhaiterait la création «à partir du PS, (d')un mouvement politique de masse» à gauche, «des altermondialistes jusqu'au centre-gauche». Une telle transformation pourrait attirer «des électeurs, des citoyens qui ne se reconnaissent pas aujourd'hui dans le PS mais qui sont prêts à revenir vers un mouvement politique qui prend en compte un certain nombre de problèmes qui leur tiennent à coeur».i_bug_fck
par Thomas publié dans : Ségolène
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Samedi 10 novembre 2007
logolacroix.jpgPour financer nous dit Nicolas Sarkozy, les programmes de recherche sur des maladies graves, faisons appel au porte-monnaie des malades y compris des plus modestes. Plutôt que de porter remède aux lacunes de notre système. Il y a là une triple faute : insécurité sociale, erreur sanitaires, inefficacité économique.

1/ Insécurité sociale, tout d'abord.

C'est une aberration de faire financer les programmes de recherche utiles pour les malades de demain par les malades d'aujourd'hui. Même si des exonérations sont prévues, la contribution va peser de manière uniforme sur tous ceux qui doivent prendre des médicaments ou recourir à des soins, alors même que la contribution de chacun à l'assurance-maladie est proportionnelle aux revenus. De manière insidieuse, on revient sur les principes de la sécurité sociale chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins), illustrant une fois de plus la volonté de la droite de remettre en cause les assurances publiques universelles, pour favoriser la marchandisation de la santé. Une fois de plus, ce sont les personnes âgées à faible revenu et les salariés les plus faiblement rémunérés qui vont consacrer une part plus importante de leurs revenus à leur protection sociale. On pourrait objecter que les montants sont faibles mais nous savons d'expérience qu'une fois que le principe est acquis, ce genre de prélèvements augmente au fil des ans, sous la pression du déficit des comptes sociaux.

La fixation de son montant par un simple décret et non son inscription dans la loi renforce cette perspective. En outre, ils viennent d'ajouter à une série de mesures déjà très sensibles pour les ménages : forfait de 1 à 4 euros par consultation, autre forfait de 18 euros à l'hôpital, déremboursements de toutes sortes. Lors de l'instauration de la franchise sur les consultations médicales, ses inspirateurs avaient indiqué qu'il s'agissait d'une mesure exceptionnelle. A quand la franchise sur tous les actes ? A quand de nouveaux déremboursements déguisés par la hausse de ces franchises ? En vérité, les classes modestes et moyennes sont celles qui vont être progressivement orientées vers les assurances privées, pour couvrir toutes ces charges nouvelles, laissant au bord de la santé tous ceux qui n'ont pas les moyens de financer une couverture complémentaire et l’accès au soin doit rester une sécurité de base.

2/ Erreur sanitaire ensuite.

Ces franchises s'appuient sur l'idée que l'on pourrait, étant malades, faire le choix de consommer moins de soins dès lors qu'on serait sensibilisé aux coûts. Outre que c'est le médecin qui prescrit et non le malade qui décide, allez expliquer aux personnes qui ont été jugées suffisamment malades pour être prises en charge à 100 % (les diabétiques, les cancéreux, les personnes atteintes par le VIH…, tous ceux qui souffrent d'une maladie longue et coûteuse, y compris comble de l’ironie les patients atteints de maladie d’Alzheimer) que c'est à elles que reviendra en priorité la charge de financer les dépenses d’assurance-maladie. L’affectation de cette nouvelle contribution à la recherche sur une autre maladie est un leurre, comme en témoignent les comptes présentés par le Gouvernement.. Toutes les études montrent que l'on doit donner la priorité à la prévention, au traitement et au dépistage précoce des affections, au bon suivi des traitements. C'est un enjeu de santé publique fondamental, car se soigner tôt évite le plus souvent des dépenses plus lourdes ultérieurement. Inviter le malade à peser sur le choix des prescriptions en le faisant payer est donc un contresens qui pourrait se révéler très dommageable pour la santé des Français à moyen terme. C’est d’autant plus pernicieux que déjà 13 % des Français restreignent leurs soins pour des raisons financières. Il est donc absurde de faire payer une franchise aux malades chroniques alors que même les petites dépenses sont indispensables.

3/ Inefficacité économique enfin.

Toutes les études sur la compétitivité et l'attractivité de notre pays, montrent que l'un des points forts de la France est précisément la qualité de son système de santé et les conditions d'accès aux soins, malgré les attaques dont il est l’objet. S'il existe des rigidités dans certains domaines, que j'avais moi-même soulignées en proposant que le dialogue social accorde plus d'agilité aux entreprises exposées à la concurrence, il est économiquement contre-productif de s'attaquer à l'un des points forts de notre compétitivité par une approche erronée. Ce dont notre pays a besoin, c'est de travailleurs bien formés, motivés par une juste rémunération et rassurés par l'existence d'une sécurité sociale qui leur permet de se concentrer sur leur vie professionnelle et leur épanouissement. Il est donc primordial que des mesures soient prises pour restaurer l’équilibre des comptes sociaux pour conserver cet acquis économique du pays.

C’est d’autant plus vrai qu’il existe d’autres solutions. Le produit de cette nouvelle taxe sur les malades (800 millions d'euros) aurait pu être trouvé en faisant des économies. Je propose comme je l’avais déjà fait une réduction des 60 milliards d'aides aux entreprises, dont chacun sait qu'une grande partie bénéficie à des secteurs protégés qui n'en ont pas besoin et dont la Cour des Comptes a très justement souligné les manques de justification. Il est surtout nécessaire d’engager une réforme sur l’offre de soins, la meilleure coordination entre médecine de ville et hospitalière, le renforcement de toutes les actions de précautions et le lancement de programmes de recherche européens pour faire baisser le coût des soins.

Signature Ségolène Royal
par Thomas
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Vendredi 9 novembre 2007
Invitée vendredi dans un cabinet médical du XVIIIe arrondissement de Paris, Ségolène Royal a exigé le retrait des franchises, en cours de discussion au Parlement dans le cadre du budget 2008 de la "Sécu". "Je demande au gouvernement, au président Nicolas Sarkozy de réaliser que cette réforme est mauvaise. C'est une faute sociale, puisque les gens vont payer quels que soient leurs revenus, les riches comme les pauvres", citant "les graves difficultés liées à la baisse du pouvoir d'achat".

De plus, les personnes souffrant de maladies chroniques, d'un cancer ou d'Alzheimer "n'ont pas le choix" et risquent "parfois de ne pas se faire soigner" ou de devoir "aller à l'hôpital". Plutôt que les franchises, qui doivent rapporter 850 millions d'euros par an, elle a proposé "de faire des économies" sur les aides économiques aux entreprises "qui ne sont pas justifiées".

"Je voudrais m'étonner que Martin Hirsch accepte cela. Il ne peut pas accepter la remise en cause de l'accès aux soins des Français les plus modestes et des personnes âgées ou très âgées, des personnes handicapées ou des personnes cancéreuses, c'est le début de la fin de la Sécurité sociale". Ségolène Royal s'était inspirée du rapport de Martin Hirsch de 2005 pour proposer un revenu de solidarité active (RSA).

Les franchises médicales s'appliqueront au 1er janvier à 45 millions d'assurés sociaux, qui prendront en charge 50 centimes par boîte de médicaments et par acte paramédical. Quinze millions de personnes en seront exclues, dont les bénéficiaires de la CMU.
par Thomas
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